Le retour

 

Cette page s'adresse à celles et ceux qui rentrent d'un voyage en camion (ou qui partent), parce qu'ils y sont forcés, parce qu'ils ont cette date butoir leur indiquant la reprise d'un boulot ou le début d'un nouveau projet... On parlera ici, du retour que l'on doit digérer, ce retour que nous n'avions pas forcément anticipé...

 

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Ça fait quoi de réaliser un rêve?

Au début on se demande quand même si le rêve ne doit pas rester à sa place de rêve... 

 

Rêver : de l’ancien français resver  (« rêver, errer, délirer »)

 

Et si on avait idéalisé tout ça et si ce rêve n'avait qu'un simple rôle de placebo de bonheur? On en vient à douter, on en vient à se demander si on est pas un peu dingue de le faire, d'y aller, d'oser... une fois notre rêve réalisé, il va nous rester quoi? on pourra dire "ça c'est fait"...  super! on ne pourra plus revenir en arrière, et si je suis déçue?

 

Et puis on se lance, on pourrait croire que le temps s'arrête mais bien au contraire, il passe encore plus vite, on réalise notre rêve sans même réaliser ce qu'il se passe, on est pas comme dans une bulle, on est à l'affût de tout ce qui nous entoure, tous nos sens sont en éveil, on sait pas si on doit crier, rire ou pleurer! On a un nœud dans la gorge, on prend une grande respiration et on sourit! 

Réaliser un rêve c'est un peu comme croquer dans un cookie qui sort du four, tu es tellement impatient(e), c'est juste là, droit devant, tu sais que tu vas sûrement te brûler mais tu t'en fout et Putain que ça vaut le coup!

 

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Toutes les bonnes choses ont une fin?

On nous le rabâche depuis toujours: "Toutes les bonnes choses ont une fin" ou "il faut bien rentrer un jour"...

 

Quand on est rentré de notre tour en 2012, on avait hâte de retrouver ceux qu'on aime, on avait la tête pleine de projets, on connaissait NOTRE recette du bonheur, on avait les yeux qui pétillaient, le sourire jusqu'aux oreilles... Il est difficile de trouver les mots justes pour décrire cette sensation, ce sentiment d'avoir accomplit quelque chose d'important, qui nous tenait à cœur, qui nous faisait peur aussi...

 

Nous n'avions rien fait d'extraordinaire et pourtant on se sentait fort, désormais tout nous semblait possible, nous avions confiance en nous, nous étions ouverts au monde, nous allions facilement vers les gens, l'inconnu (au sens général) ne nous faisait plus peur... 

 

Rentrer d'un long voyage en camion, c'est voir notre pays se rapprocher, le nombre de pages de l'atlas avant "chez nous" diminuer, les heures de décalage s'envoler jusqu'au moment où l'on franchit une dernière frontière, simplement matérialisée par ce panneau "FRANCE". On s'arrête, on comprend tout ce qui est écrit, tout ce que les autres racontent, tout n'est que brouhaha! Une claque de morosité, accentuée par le ciel gris (c'est fait exprès, c'est pas possible)!

 

Peut être qu'un retour en avion est plus rapide et la claque comme un pansement que l'on arracherait d'un coup sec?

 

Pour rejoindre notre Bretagne, nous traversons la France comme dans une bulle, on visite des endroits en faisant comme si nous étions toujours là bas, comme pour nous faire croire que ce n'est pas fini, et puis on retrouve nos familles, nos amis, notre région... 

 

Pendant quelques semaines, on est zen, un peu "stone", (on me dit que je parle doucement comme si j'avais fumé un arbre)... On nous pose des questions, on raconte nos anecdotes, on est rentré mais dans nos têtes on y est encore, on a la bougeotte, on profite de la joie des retrouvailles, le confort de nos repères, le doux quotidien qui n'est pas encore devenu routine....

 

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Et puis vient la déprime...

 

Nous avons la sensation d'être parti plus longtemps qu'en réalité, peut être parce que nous savons profiter de l'instant, peut être parce que les pays visités nous ont donné l'illusion de traverser les saisons? Ce voyage nous a changé mais autour de nous, RIEN n' a changé hormis la taille des enfants! On voit les choses différemment, nous somme en décalage avec les gens, on a parfois l'impression de ne pas venir de la même planète. On a l'impression qu'il n'y a plus de surprises après plusieurs mois de découvertes, de rencontres et de liberté!

 

Vient l'heure, de reprendre le boulot, c'est ce que l'on appelle le "retour à la réalité", quelle réalité? Comme si c'était ça la vraie vie?! il est temps de penser aux projets que nous avons en tête, nous vivons toujours dans le camion mais nous avons chaque jour cette même vue, ce même jardin... l'hiver arrive, les tempêtes aussi... on fait moins de choses, on prend moins le temps, on rêve voyage sans savoir QUAND on repart, on va moins vers les inconnus, on se dit que les gens se prennent la tête pour des broutilles, ne comprennent rien, on était bien là bas, rien que NOUS...

 

Tout a changé en nous et pourtant on nous demande de reprendre notre vie là où nous l'avions laissé (avec la paperasse associée)...

 

Si il n'y a pas de projets à court terme, on commence à déprimer pour de vrai, même les animaux de compagnie peuvent subir ce contre coup! Alors on fait quoi??  On se pose les bonnes questions!

 

Quand on réalise que notre bonheur n'est pas forcément attaché à un lieu mais plutôt une part de nous se réveillant sur la route, on est parfois partagé entre nos racines et notre besoin d'aller voir ailleurs si on y est...

 

Notre "Nous Nomade" sur la route, dans un camion, avec nos essentiels et notre "Nous sédentaire" sur un terrain ou dans une maison, entouré de nos proches et de biens matériels confortables, vont tenter de s'opposer! Mais lorsque l'on comprend qu'il n'y a pas un choix mais seulement du tri à faire, cette réflexion devient une force!

 

On prend du recul sur notre voyage, cette expérience qui nous a chambouler et on accepte d'être "rentrer". On fait le tri dans nos affaires, on réalise que le tri dans notre entourage s'est fait tout seul et on est agréablement surpris.

 

Partir longtemps, parcourir des milliers de kilomètres avec sa cabanes à roulettes, c'est quand même une idée un peu dingue pour la majorité des gens... Mais nous, nous sommes juste des rêveurs... des rêveurs débrouillards voir créatifs, vaccinés contre un tas de maladies mais ayant attrapé le virus du voyage...  

 

Alors on prend le temps, on partage notre voyage, on trouve une place au petit cheval en bois suédois, on retrouve un petit rien de là bas qui devient un trésor ici, on développe nos photos, on accroche des cartes du monde un peu partout (enfin ça c'est moi), on se remet à rêver, on fait encore de nouveau projet et on se dit qu'il faut renflouer les caisses pour mieux repartir... parce qu'aujourd'hui, nous en sommes convaincus: "On ne nous a pas mis des rêves dans la tête juste pour faire joli!"

 

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Conseils pour ceux qui (re)partent:

 

A présent tu sais que l'on ne part pas en voyage comme on part en vacances, tu sais qu'il faut anticiper son retour:

  • Travail: Penses à garder des vacances pour ne pas reprendre trop vite le travail ou te réinscrire à Pôle Emploi (Voir article Travail)
  • Projet: Revenir avec un projet à réaliser à court terme, s'occuper les premiers mois: expo photos, travaux, reconversion pro....
  • Budget: Prévoir une tirelire pour le retour pour bichonner le camion, améliorer l'intérieur, renouveler sa garde robe...
  • Eviter de rentrer en automne/ hiver: la déprime quand il fait nuit à 17h on l'a tous, même sans revenir d'un long périple!
  • Box weekend: tu trouves ça ridicule? Pourtant un weekend ailleurs lors du petit blues du retour te fera le plus grand bien!  si tu en as déjà une à la maison, assures toi de sa validité et utilises la un mois après le retour ou demandes au Père Noel avant de partir! 
  • Renseignez vous sur les dates de rencontres de voyageurs, festival de carnets de voyages, etc... c'est une belle manière de partager son périple, faire découvrir un pays autrement et prendre de nouvelles idées voyages.

 

 

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