-Passage de la frontière Russe-

23 mai 2012: Russie nous voila!!!

 

Nous quittons Vaalima en fin de matinée.

Après plusieurs feux tricolores et un poste de douane, où sont vérifiés nos passeports et nos visas, j'ai le cœur qui bat à cent à l'heure, à l'approche du grand bâtiment gris, marquant le passage vers l'inconnu. La Russie me fascine, me fait peur, symbolise une si grande étape avant la Mongolie...

 

Il est midi, nous nous garons dans la file des bus, pas le choix, nous ne passerons pas sous la barre destinée aux véhicules de tourisme classiques. Les regards se posent sur nous, un jeune homme nous dit de reculer. Nous devons faire contrôler nos documents et compléter des formulaires. Avec le sourire, il nous apporte deux fiches d'immigration. Nous semblons perdus. Nous nous présentons au premier guichet, où l'on nous répond  «niet» d'un ton sec, plus personne ne parle l'anglais ici. Le jeune homme revient vers nous, je comprend qu'ils veulent notre certificat d'immatriculation et nos déclarations d'objets. Prévoyante, j'avais imprimé un exemple en anglais, une chance pour nous, car le notre est en cyrillique. Je met du temps à remplir les cases, je ne comprends pas tout, le ptit gars revient avec un tas de formulaires en anglais, il sait que je vais devoir recommencer.

 

Avec lui, nous repartons au contrôle des passeports, ça y est tout est «OK»: visas, carte grise, fiches d'immigration, on se débrouille comme des chefs. Après un énième exemplaire de notre déclaration d'objets, sur lequel j'avais encore fait des erreurs, nous recevons les précieux stickers d'importation du véhicule. En attendant la fouille du camion, je trouve le bureau du service vétérinaire. Tout droit sortie des années 60, une femme au gros chignon et aux lèvres rouge carmin, m'ouvre la porte, elle regarde Vortex, signe et tamponne un post-it qu'elle agrafe au passeport. C'est tout?! Je n'y crois pas, encore du stress inutile!

Je rejoins Flo, personne n'est encore venu le voir.

On attend au soleil avec notre paquet de chips quand la cavalerie arrive.

Un vieux à l'allure papy gentil qui semble avoir faire une carrière commando en uniforme bleu, le même version plus jeune, plus petit et plus chevelu, une blondasse qui nous regarde de haut malgré ses 1m50, sur qui Vortex prend plaisir à baver, et enfin un cow-boy, casquette noire vissée sur la tête, qui a décidé de faire du zèle.

 

La troupe grimpe dans le camion et commence une fouille méticuleuse. Ils cherchent le petit détail qui ne va pas et regardent de plus près une boîte de médicaments laissée là: celle qui va nous faire patienter un long, très long moment...

 

Il est environs 14 heures, nous sortons de la file des bus, pour ne pas gêner ceux qui nous suivent. Garés derrière les bâtiments, c'est au tour des chiens d'entrer en scène. Nos ordonnances ne seront pas d'un grand secours, chaque soute, chaque coffre est vidé, fouillé, de la boîte à pêche jusqu'aux boîtes de craies apportées pour l'association. Le berger allemand ne trouve rien, c'est pas grave, ils continuent de chercher. Je me tiens dans le camion avec le vieux et le cow-boy, c'est lui qui a nos passeports, dans sa poche arrière. Ils tentent de décrypter les ordonnances et les notices des médicaments, n'arrête pas de dire le mot "narcotic" à la russe. Je parviens a leur expliquer, avec mon vocabulaire limité, qu'il ne s'agit pas de drogue, que Flo en a besoin. Ils se passent le téléphone, prononçant tour à tour, le nom des molécules de chaque médicament et ça recommence, on ouvre chaque placard et on fouille chaque recoin. On nous explique que c'est «la procédure».

 

A 16 heures, on nous demande notre adresse et c'est un bonhomme saucissonné dans son costume, qui vient prendre des photos de l'intérieur du camion. Dans sa chemise cartonnée, un dossier, c'est le notre, des photographies des médicaments et du camion, des copies de nos passeports.

 

19 heures, plus personne ne s'intéresse à nous, il nous tarde de sortir d'ici. Agacés, nous nous présentons aux bureaux des responsables, où nous retrouvons le cow-boy avec une femme parlant français. Elle a été appelée pour nous servir d'interprète, nous devons retourner à notre véhicule, ils nous appelleront lorsque l'officier sera arrivé. Nous repartons, nous ne comprenons rien, à croire que nous jouons dans un mauvais film.

 

Deux heures plus tard, le bonhomme revient, les documents sont prêts! Dans la petite pièce, l'officier, les agents et l'interprète. On nous explique que l'un de nos médicaments, est illégal, que nous ne sommes pas censés l'ignorer, que nous devions le mentionner dans notre déclaration, que c'est considéré comme un crime.

 

 

Sur les papiers rédigés en russe, je ne comprends pas la moitié des 10 pages, heureusement on nous traduit l'ensemble des documents, il est question de stupéfiants et du détail de la fouille. On signe, pour nous, tout a pris une ampleur que nous n'aurions jamais imaginé. Nous voilà fichés comme criminels chez les russes, c'est la meilleure!

 

Après une heure, les esprits se détendent, on nous pose des questions, et on nous regarde d'un air ahuri lorsqu'on vient à parler de la Mongolie. Il savent que nous ne sommes pas des trafiquants mais pour eux, une chose est sûre, nous sommes un peu cinglés!

Que risquons-nous? Une amende peut-être, ils nous contacteront probablement... Mais comment? ils nous font comprendre qu'il n'y a pas de problème, qu'ils sauront où nous sommes. Ah bon! c'est rassurant...

 

 

Il est 23H30 lorsqu'on quitte la frontière, épuisés de notre journée. A peine sorti, nous rencontrons celle qui va nous mener jusqu'à notre rêve, celle qui va nous faire rager et sourire: la route.

 

 

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